Exposé des élèves du niveau 2 : Expier ou rattraper mon jeûne ?

Publié le par Jinène A.

Définition et les mérites du 4ème pilier de l’Islam

 

 

Le jeûne est certes une obligation qu’Allah nous a prescrit et fait partis des 5 piliers de l’Islam. Cet acte d’adoration est exclusivement voué à Allah et le musulman doit espérer Sa récompense.

 

Le sheikh ‘Abdoullah Al Bassam a dit :

« Dans la langue arabe AS SIYYAAM signifie l’abstinence. Dans la législation islamique, il s’agit de s’abstenir des choses qui font rompre le jeûne avec la présence de l’intention, et, ce depuis l’apparition de l’aube jusqu’au coucher du soleil. Le jeûne du mois de Ramadan est le quatrième pilier de l’Islam. »

 (Sheikh ‘Abdoullah Al Bassam/ TAYSSIR AL ‘ALLAM, SHARH’OUMDATOU 1 AHKAAM/ V.1 p 487-488)

 

D’après ‘Abdallah Ibn’Omar (qu’Allah l’agrée lui et son père), le prophète que la prière et Son salut soient sur lui) dit : « L’islam est bâti sur cinq choses : l’attestation qu’il n’y a pas d’autres divinité qui mérite d’être adorée si ce n’est Allah et que Muhammed est le Messager d’Allah, l’accomplissement de la prière, le fait de s’acquitter de la zakat, le fait de jeûner le Ramadan et le hajj ». Rapporté par Al Boukhari n°8 et Mouslim n°16

 

Allah dit également :

 

« O les croyants ! On vous a prescrit as-siyam comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété »

(Sourate Al Baqara, verset 183)

 

 

Le jeûneur réalise un des actes d’adorations contenant une valeur estimable car en comparaison avec les actes d’adorations (la prière, zakat, porter le hijeb…) l’acte appartient à Allah.

 

Toujours d’après le sheikh ‘Abdoullah Al Bassam :

« Il compte parmi les actes d’adorations les plus méritoires et ce car il regroupe trois catégories d’endurance (dont l’individus doit faire preuve) :

  • L’endurance dans l’obéissance à Allah 
  • L’endurance en vue de s’abstenir de tomber dans la désobéissance à Allah
  • L’endurance face aux décrets d’Allah pesants ou douloureux

 

Et son mérite s’explique également en raison du fait qu’Allah a rattaché le jeûne à Lui et a promis une récompense pour son accomplissement émanant de lui. Le jeûne est un secret entre le Seigneur et son serviteur, d’où l’importance et la valeur de ce dépôt »

(Sheikh ‘Abdoullah Al Bassam/ TAYSSIR AL ‘ALLAM, SHARH’OUMDATOU 1 AHKAAM/ V.1 p 487-488)

On peut aussi souligner que le jeûne est spécifié pour Lui-même, d’après Abou Houreyra radhi Llahu 3anhu, le prophète salla Allah alayhi wa salam a dit :

 

« Allah a dit : Le jeûne est pour Moi et c’est Moi qui le récompense, il (c’est-à-dire le jeûneur) délaisse son envie, sa nourriture et sa boisson pour Moi. Le jeûne est une protection et il y a pour le jeûneur deux joies : Une joie lorsqu’il rompt son jeûne et une joie lorsqu’il rencontre son Seigneur.

Et certes l’odeur de la bouche du jeûneur est plus parfumée auprès d’Allah que l’odeur du musc »  Rapporté par Al Bukhari n°7492 et Muslim n°1151

 

 

Personnes ayant l’invalidité du jeûne

 

Tout musulman est concerné par le jeûne et ses mérites sauf qu’il peut y avoir des cas de personnes ne pouvant pas réaliser cette obligation.

En effet, la religieuse impose des règles spécifiques et structurées à chacun d’eux, il existe plusieurs cas possibles.

 

  • LE VOYAGEUR

Selon le sheikh Uteymine, le voyageur à la permission de ne pas jeûner lors de son voyage surtout si le jeûne implique quelques difficultés pour le voyageur comme on peut le voir avec ce hadith :

Quand le prophète salla Allah alayhi wa salam, lors d’un voyage, vit d’un rassemblement autour d’un homme qu’on abritait du soleil :

                                    il dit : « Qu’est-ce que c’est ? »

                                      _ « un jeûneur » lui dit-on

                                    « Ce n’est pas de la piété que de jeûner en voyage »

                                     Il s’adressait ainsi au voyageur qui trouve le jeûne pénible.

                                     Rapporté par Al Bukhary

 

Fatwa de Ibn Uteymine, 3ilmchar3i « Le jeûne du ramadan pour ceux qui voyagent »

 

Autre avis concernant ce statut, selon le sheikh Ibn Taymiyyah, en grande majorité des savants disent qu’il est préférable pour le voyageur de ne pas jeûner. Cependant s’il ne trouve point de difficulté à le faire il peut rester en état de jeûne.

On peut constater qu’il y a divergences entres les savants malgré qu’il soit préférable de ne pas jeûner comme le souligne ce verset :

 

« Quiconque est malade ou voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours » Sourate 2 verset 184

 

De même nous pouvons voir qu’il est préférable pour le voyageur de manger d’après le sheikh Ibn Baz :

 

« Ce qui est vrai c’est qu’il lui est recommandé de rompre le jeûne durant le voyage et ce même si le jeûne ne lui est pas difficile, en vertu de la parole d’Allah (sourate 2 verset 184) et parce que le prophète salla Allah alayhi wa salam et ses compagnons radhi Llahu 3anhoum rompaient le jeûne durant le voyage.

 

Et celui qui jeûne, nul le blâme sur lui car le prophète salla Allah alayhi wa salam jeûnait et rompait le jeûne durant le voyage, Hamza Ibn 3amrou Al Aslamiy l’a interrogé à ce sujet, il répondit :

 

« Si tu veux jeûne, et si tu veux manges »

Rapporté par Al Boukhati n°1807 et Mouslim n°1889 »

 

Fatwa Sheikh ‘Abdel-Aziz Ibn ‘Abdi-Llah Ibn Baz, 3ilmchar3i « il est recommandé de ne pas jeûner en voyage même si le jeûne n’est pas dur »

 

  • FEMME ENCEINTE OU QUI ALLAITE

 

Pour ce cas, la majorité des savants que la femme si elle rencontre des difficultés pour elle et/ou son bébé, il est préférable de rompre le jeûne.

Selon le sheykh Fawzan : « Si à cause du jeûne résulte un mal causé à la femme ou au bébé ou aux deux, elle peut rompre le jeûne si elle est enceinte ou allaite.

Ceci, car la femme enceinte et la femme qui allaite tombent sous la généralité de la Parole d'Allah : « Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre » (Sourate Al-Baqara verset 184)

 

Al-Hafidh Ibn Kathir رحمھ لله a dit dans son tafsir (1/379) :

« Parmi ceux qui tombent sous la signification de ce verset sont les femmes enceintes et celles qui allaitent, si elles craignent pour elles ou pour leurs enfants. »

 

Sheikh Salih Al-Fawzan / Tanbihat 'ala Ahkam takhtassu bil-Mu'minat p.62-67

Notamment, dans un hadith du Prophète salla Allah alayhi wa salam a dit :

 

« Allâh a épargné au voyageur la moitié de la prière et a épargné le jeûne au voyageur, à la femme allaitante et à la femme enceinte » 

Rapporté par Rapporté par Abou Dâwoûd n° 2408, par Et-Tirmidhi n°415, par En-Nassâ'i n°2275, par Ibn Mâdjah n°1667 … et pleins d’autres dans le chapitre du « jeûne »

 

  • PERSONNE ATEINE D’UNE MALADIE PASSAGERE OU CHRONIQUE

 

Selon le sheikh Ferkous, la personne atteint d’une maladie passagère ne doit pas jeûner

 

Si cette femme est atteinte d’une maladie temporaire, elle doit, alors, rattraper le jeûne des jours qu’elle n’a pas jeûné, conformément à ce qu’Allah عزّ وجلّ a dit :

 

 Traduction du sens du verset :

Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours﴿  (Sourate 2 verset 184)

Sheikh Ferkous Fatwa numéro : 202/Type : Fatwas relatives au jeûne  

La personne qui se trouve incapable de jeûner durant le mois de Ramadan à cause de la vieillesse et qui trouve le jeûne très difficile est autorisée à rompre le jeûne…. Il en est de même pour le malade qui se trouve incapable de jeûner ou qui trouve le jeûne très difficile ou qui souffre d'une maladie incurable, selon cette Parole d'Allah (Exalté soit- Il) :

 « Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. » (Sourate 2 verset 286) et Sa Parole : « et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion » (Sourate 22 verset 78) Le Comité Permanent des Recherches Scientifiques et de la Délivrance des Fatwas (Al-Iftâ')

 

Nous pouvons constater que ça soit une maladie chronique ou passagère, si la personne ne pouvait pas jeûner car ceci serait difficile il vaut mieux ne pas jeûner. De plus, si votre médecin ou vous avez une prescription médicale qui annonce que le jeûne peux vous mettre en danger.

 

Exemple : une personne diabétique veut jeûner tout en négligeant sa dialyse à faire, ceci est interdit et met en danger sa santé ou une personne qui doit prendre obligatoirement et tous les jours ses médicaments au risque que sa maladie d’aggrave.

 

Le sheikh Uteymine le dit également : « En ce qui concerne le médecin, il lui est obligatoire d'ordonner au malade de rompre si le jeûne lui est nuisible car il est responsable. Et Allah le Très-Haut a certes dit (traduction rapprochée) : « Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droit » (sourate Annisâ', v.58) » Cheikh Mohammad Ibn Salih Al-’Outheymine/3ilmchar3i/le-jugement-de-la-rupture-du-jeune-suite-aux-conseils-du-medecin

 

 

  • PERSONNE ATEINT DE LA VIEILLESSE

 

La personne qui se trouve incapable de jeûner durant le mois de Ramadan à cause de la vieillesse et qui trouve le jeûne très difficile est autorisée à rompre le jeûne selon cette Parole d'Allah (Exalté soit- Il) :

 

 « Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. » (Sourate 2 verset 286)

 

Et Ibn `Abbâs (Qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) a dit :

« Il est autorisé aux personnes âgées, homme comme femme, qui ne peuvent supporter le jeûne qu'avec grande difficulté de cesser de jeûner… »

 

Fatwas (Al-Iftâ') / La Fatwa numéro (2772)

 

On peut comprendre dans l’ensemble des cas de personnes ne doivent pas jeûner dû à une difficulté qu’ils rencontrent : la personne éprouvée par le voyage, enceinte ou qui allaite ou atteint d’une maladie passagère ou maladie chronique et non guérissable. Ceci montre également une facilité qu’Allah leur accorde car Il recherche la facilité pour Son serviteur :

« Donc quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. - Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants ! (Sourate 2 verset 185)

 

 

La compensation ou l’expiation des personnes invalident au jeûne

 

  • VOYAGEUR :

Que doit faire la personne qui n'a pas jeûné en raison d'une incapacité ou maladie passagère, ou bien en raison d'un empêchement passager ou en d'un voyage ?

 

Réponse :

 

« Ces catégories de personnes sont excusées de ne pas avoir jeûné ou bien rentrent dans le cadre d'une permission de ne pas jeûner comme le cas du voyageur. Pour ces catégories de personnes, elles doivent uniquement rattraper les jours non jeûnés et n'ont pas à nourrir de pauvres en compensation car leur maladie ou leur empêchement n'est que passager. Elles doivent rattraper ces jours en dehors du mois de Ramadhan.

Ces catégories de personnes sont : les gens souffrant d'une maladie passagère, les femmes enceintes et celles qui allaitent car par analogie on les considère comme ayant une maladie passagère, celles ayant un empêchement passager (ce sont les femmes ayant leurs menstrues ou leurs lochies car il leur est interdit durant ce laps de temps de prier et jeûner) et enfin les voyageurs qui ont le choix de jeûner ou non durant leur voyage.

 

La preuve qu'il faille uniquement rattraper les jours pour ces catégories de personne est la parole d'Allah azzawajel:

 

" Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours."

  (Sourate al Baqara, v.184 ) »

SHEYKH MUHAMMED UTEYMINE, « Guide pratique et concis du musulman à l’approche du Ramadan »

 

 

  • FEMME ENCEINTE OU QUI ALLAITE

 

Le sheykh Al Fawzan dit à ce sujet : « Quant à celle qui allaite et à la femme enceinte, il leur est obligatoire à toutes deux de remettre les jours de jeûne qu’elles ont rompus à d’autres jours et il est obligatoire en plus de la remise de ces jours pour celle qui a rompu le jeûne par crainte pour son enfant de nourrir un pauvre pour chaque jour de jeûne qu’elle a manqué »

 

« Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre » Sourate 2 verset 184.

Sheikh Fawzan explication du livre du jeûne p.34 édition Dine El haqq

 

               

Selon le sheykh Fawzan concernant la maladie passagère :

Quant à ceux qui ont rompu leur jeûne en raison d’une excuse temporaire comme le voyageur et le malade qui est malade d’une maladie dont on espère la guérison…, il est obligatoire à tous ceux-là de remettre les jours de jeûne manqué en jeûnant le nombre de jours où le jeûne a été rompu à d’autres jours.

 

" Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d'autres jours." (Sourate al Baqara, v.185)

 

Il dit aussi concernant les personnes ayant une maladie chronique : « Et il y a une troisième catégorie qui ne sont pas capables, ni de jeûner au moment même du jeûne ni de remettre le jeûne plus tard comme le vieillard et le malade dont on n’espère pas la guérison. Allah à allégé (facilité) pour cette catégorie et leur a rendu obligatoire au lieu de jeûner de nourrir un pauvre d’une moitié de Sâ’ de nourriture 

 

Allah le Très-Haut dit (ce dont la traduction du sens est) : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (Sourate 2 verset 286)

 

Et Allah le Très-Haut dit (ce dont la traduction du sens est) : Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre » (Sourate 2 verset 184)

 

Sheykh Fawzan, « L’explication du livre du jeûne » p.33-34

 

  • PERSONNE ATEINT DE LA VIEILLESSE

 

 

La personne qui se trouve incapable de jeûner durant le mois de Ramadan à cause de la vieillesse et qui trouve le jeûne très difficile est autorisée à rompre le jeûne tout en nourrissant, pour chaque jour, un miséreux à raison d'un demi Sâ` (un Sâ` = 2,6 kg) de blé, de dattes, de riz ou de toute autre nourriture consommée dans son pays.

Selon cette Parole d'Allah (Exalté soit- Il) :

« Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. » et Sa Parole : « et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion Allah » (Exalté soit-Il) dit également : « Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. »

 

Et Ibn `Abbâs (Qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) a dit :

« Il est autorisé aux personnes âgées, homme comme femme, qui ne peuvent supporter le jeûne qu'avec grande difficulté de cesser de jeûner et de nourrir un miséreux en compensation de chaque jour raté » Fin de citation. »

 

Fatwas (Al-Iftâ') / La Fatwa numéro (2772)

 

 

Jinène A. certifiée niveau 1 et étudiante niveau 2 de la certification en finance propulsée par Asma consulting académie

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Publié dans zakat

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