Quel est le lien entre la Baraka et l'abondance ?

Publié le par Asma Oudina

L’abondance d’une chose n’implique pas nécessairement qu’elle soit bonne. D’ailleurs, tout le bien réside dans une chose bénie, même si celle-ci est en petite quantité.

Ce qui paraît peu aux yeux des gens, mais qui est béni, est meilleur que ce qui paraît abondant à leurs yeux s’il n’est pas béni. Certes, ce qui est abondant suscite l’admiration. Mais il n’a rien de comparable avec ce qui est béni.

 

La Baraka se manifeste de différentes manières

 

Allah dit en effet : « Le mauvais et le bon ne pourraient avoir la même valeur si le premier te séduit par sa surabondance ». Qu’ran Al Maîda (Sourate 5, verset 100).

C’est là l’une des vérités sublimes dont ne profite que celui qui détient la science utile et la certitude. En effet, la baraka dans la science sacrée, ce sont sa mise en pratique et la propagation de ses enseignements utiles. La Baraka dans l’argent, c’est d’en avoir assez pour couvrir ses besoins et d’en être satisfait. La baraka dans la santé, c’est d’être en parfaite santé et sa préservation contre tout mal. La baraka dans ses enfants, c’est leur bon comportement et leur piété filiale. La baraka dans l’épouse, c’est sa bonté, sa piété conjugale, la bonne éducation de ses enfants, sa bonne humeur et sa parfaite gestion de son foyer.

 

L'exemple d'Az-Zubayr b. Al-Awwâm

 

Tel est le cas d’Az-Zubayr b. Al-Awwâm. Il recommande à titre de testament à son fils (Abd Allah) de payer ses dettes après sa mort. Ses dettes avaient atteint la somme de deux millions deux cent mille [dinars] (2 200 000 dinars). Il lui dit dans son testament : « Mon cher fils ! Si tu te trouves dans l’incapacité d’en régler la totalité, demande l’aide de mon Maître – Allah ». Abd Allah (le fils d’Az-Zubayr) a dit : « Par Allah, chaque fois que sa créance me causait du souci, je m’adressais à Allah en ces termes : « Ô Maître d’Az-Zubayr ! Règle sa dette à sa place ! » Et Allah m’exauçait. Az-Zubayr n’avait pas laissé d’argent derrière lui, mais des biens fonciers.

Plus tard Allah a mis la baraka dans les biens fonciers d’Az-Zubayr. Ils ont été vendus et son patrimoine a atteint la somme de cinquante millions deux cent mille [dinars] (50 200 000 dinars). Il avait quatre épouses qui héritèrent chacune d’un million deux cent mille dinars (1 200 000 dinars).

Cette histoire a été rapportée par Al-Bukhâri qui l’a intitulée : chapitre de la bénédiction dont est investi le combattant dans ses biens avant et après sa mort. (Page 598 hadith numéro 3129).

 

Explications

 

Az-Zubayr avait une dette de 2 200 000 dinars. Allah mis la Baraka dans ses biens fonciers dans le sens où ils ont pris de la valeur (une plus-value) au point d’atteindre une somme de 50 200 000 dinars. Ce qui lui permis largement de régler sa dette après sa mort et de permettre à chacune de ses épouses d’hériter une somme conséquente. Une fois la dette réglée il lui restait 50 200 000- 2 200 000 = 48 millions – (4*1 200 000 = 4,8 millions pour ses épouses) = 43.2 millions de dinars de bénéfices restants en héritage pour ses enfants.

Un dinar (pièce d’or) et un dirham (pièce d’argent) en l’an 265 de l’hégire :

 

La Baraka se répandra à la fin des temps

 

Dans le Sahih de Muslim, on trouve écrit que le Prophète ﷺ  a dit que lors de la descente de Isa (Jésus) à la fin de temps, la baraka se répandra et il sera dit à la terre : « Fais pousser tes fruits et redonne ta baraka ! ». « Ce jour-là, ajouta le Prophète ﷺ  , une grenade suffira pour rassasier tout un groupe de gens et son écorce sera suffisamment grande pour qu’ils s’abritent tous dessous. Allah mettra de la bénédiction dans le lait, au point que la traite d’une chamelle suffira à une foule de gens, celle d’une vache suffira à une tribu entière et celle d’une brebis suffira à un clan – fakhd ».

Sahih de Muslim (p.1178, n°=2937)

Une grenade :

 

 

 

Autrefois les aliments étaient plus gros grâce à la baraka

Ibn Al-Qayyim a dit : « Les grains de blé et d’autres aliments étaient plus gros que ceux d’aujourd’hui. De même la bénédiction y était plus grande. L’imâm Ahmad rapporte selon une chaîne de transmission [qui remonte à Abû Qadham] qu’on a trouvé dans les réserves d’un calife omeyyade une bourse contenant des grains de blé aussi gros qu’un noyau de datte. Sur ce sac était écrit : « Cela poussait dans une époque où la justice était appliquée ». Il a raconté cela dans son musnad après avoir cité un hadith ».

Yahya b. Maîn a cité cette histoire avec sa chaîne de transmission dans son livre d’histoire (4/191). Sahih Muslim (p. 1178, n°2937).

Abû Dâwûd As-Sijistâni a dit : « J’ai mesuré avec ma main la longueur d’un concombre égyptien et il faisait treize empans et j’ai vu un cédrat coupé en deux moitiés accrochées chacune sur un des deux côtés du dos d’un chameau comme deux gros sacs pour maintenir l’équilibre ».

Un empan : correspond à l’intervalle compris entre l’extrémité du pouce et celle du petit doigt dans leur plus grand écart.

 

Un cédrat :

 

L'abondance apparente n'est pas forcément un signe de bénédiction

Ibn Al-Qayyim a dit : Qu’il s’agisse du temps, de l’argent, du poste social, de la science ou des œuvres, si l’individu s’en sert pour désobéir à Allah, cela sera en sa défaveur et non en sa faveur. En effet l’homme n’a de sa vie, de son argent, de sa nourriture, de son poste social, de sa science ou des œuvres que la part qui lui a servi d’obéir à Allah. Il y a des gens qui ont vécu une centaine d’année dans ce monde alors que leur vrai âge est d’une vingtaine d’années. Il y a des gens qui possèdent de très grosses quantités d’or et d’argent alors que leur vraie fortune ne dépasse pas un millier de dirhams. On peut en dire autant concernant le poste social et la science.

Dans le recueil d’At-Tirmidhî, on trouve les propos suivants du Prophète ﷺ : « Certes, ce monde est maudit, comme tout ce qu’il contient, à l’exception du dhikr d’Allah, de ce qui s’y rapporte, du savant et celui qui apprend la science ».

As-sunan d’At-Tirmidhî p.383 n°=2322. Il a dit : “Ce hadith est hasan gharîb ». Le Shaykh Al-Albanî le qualifie d’authentique : voir sahîh sunan At-Tirmidhî (2/269 n°1891).

Al-Bukhârî et Muslim rapportent, d’après un récit d’Anas b. Mâlik que le Prophète ﷺ   a dit : « Celui qui veut voir ses ressources augmenter et sa vie se prolonger n’a qu’à préserver les liens du sang ».

Sahih d’Al-Bukhâri (p.1160, n°=5986) et sahîh de Muslim (p.1033, n°=2557).

Certains gens du savoir ont dit : « Cet ajout dans la vie de l’homme consisté à y mettre de la bénédiction, à inspirer à celui-ci d’accomplir les œuvres de bien et de réussir ses projets. Ainsi il obtiendra en peu d’années ce que d’autres ne peuvent obtenir dans plusieurs années ».

Al-Bukhâri et Muslim rapportent dans leurs sahîhs que Hakîm b. Hizâm a dit : « j’ai demandé à l’envoyé d’Allah ﷺ  de me donner de l’argent et il m’en donna. Je lui en demandai une nouvelle fois et il m’en donna puis il me dit : « Ô Hakîm ! Cet argent est comparable à un fruit bien mûr et savoureux. Celui qui le prend sans avidité et sans l’avoir demandé avec insistance verra ses biens bénis, mais celui qui le prend avec avidité ne verra pas ses biens bénis et sera comparable à celui qui mange sans jamais se rassasier ».

Sahih d’Al-Bukhâri (p.287, n°=1472) et sahîh de Muslim (p.398, n°=1035).

 

Explication de Ibn Hajar et conclusion

 

Ibn Hajar a dit : « De ce hadith on déduit que lorsque l’auditeur ne comprend pas un message, on le lui fait comprendre par un exemple. La majorité des gens ne voient la baraka que dans l’abondance. Par l’exemple cité dans ce hadith, le Prophète ﷺ  a expliqué que la baraka est une créature d’Allah. Il a donné l’exemple de quelque chose auquel les gens sont habitués. En effet, la personne qui mange le fait pour se rassasier. Si elle mange sans se rassasier, elle ne fera que se fatiguer sans intérêt. Il en va de même pour l’argent, son utilité ne réside pas dans sa matière, mais dans les avantages qu’on tire de son utilisation. S’il existe en grande quantité chez un homme, sans que celui-ci n’en tire profit, c’est comme s’il ne possédait rien ».

Fath al-bâri (3/337).

Parmi les leçons tirées de ce chapitre, il y a les leçons suivantes :

  1. Il convient de chercher les choses bénies et les préférer aux autres ;
  2. Quand on a le choix entre plusieurs choses, on choisit celles dont la bénédiction est prouvée par les textes de la Révélation
  3. Il vaut mieux avoir une chose bénie en petite quantité que d’en avoir en grande quantité, mais privée de bénédiction.

Tiré du chapitre 3, du livre La Baraka aux éditions AlMadina du Dr Amîn Ash-Shaqâmî

Copié par Asma Oudina, Asma consulting. correction@architectedelafinance.com

 

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Angelilie 10/05/2018 02:45

Beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. J'aime beaucoup. je reviendrai. N'hésitez pas à visiter mon blog (lien sur pseudo). Au plaisir

Asma Oudina 10/05/2018 17:47

Avec plaisir ! J’espère continuer à écrire des articles intéressants qui vous plairont

abu aymen 18/03/2018 15:30

asalamu alaikoum

article intéressant, tout comme votre blog dans son ensemble. La communauté a besoin de vos compétences, ainsi que de vos analyses et conseils. Si je peux me permettre une suggestion de thème : les mutuelles santé (et non assurances santé), offres en présence et possibilités licites (s'il en existe). Une question malheureusement trop souvent traitée de manière binaire.

barakallahu fikum
wasalamu alaikoum