Comment rédiger un contrat de dette en Islam (3ème partie)

Publié le par Asma Oudina

Voici le troisième et dernier article traitant du verset sur la dette et son explication. Si vous n'avez pas encore lu le premier article et le second de la série, je vous invite vivement à aller les consulter afin de bien vous informer sur le sujet.

 

Si la transaction se faire en directe il n'y a aucun mal à ne pas la mettre par écrit
 

الا أن تكون تجرة حاضرة تديرو نها بينكم فليس عليكم جناح ألا تكتبوها

{Mais si il s'agit d'une marchandise présente que vous négociez entre vous, il n'y a pas de pêché à ne pas écrire la transaction}

 

En revanche si la transaction se faire en directe il n'y a aucun mal à ne pas la mettre par écrit, car les risqués liés aux transactions différées n'existent plus.

 

S'agissant de la présence de témoins dans les transactions commerciales en direct [celles qui ne sont pas à échéance déterminée], Allah dit :

 

وأشهدوا اذا تبايعتم  

{Néanmoins faites appel à des témoins lorsque vous effectuez une transaction.}

 

Mais ces paroles sont abrogées par celles qui suivent :

فان أمن بعضكم بعضا فليود الذى اوتمن أمنته

{Si les uns font confiance aux autres, que celui à qui un bien a été confié le restitue} (2:283).

 

A moins que ces paroles [faites appel à des témoins] ne constituent pas un ordre [malgré l'utilisation de l'impératif], mais seulement une recommandation.


Un hadith renforce cette affirmation


A l'appui de ce que nous disons; ce hadith rapporté par l'imam Ahmad; selon un récit de Khouzayma ibn Thabit Al-Ansari. Oumara Ibn Khouzayma Al-Ansari relate que son oncle paternel, l'un des compagnon du prophète, lui dit que le Prophète acheta un jour un cheval à un bédouin. Le Prophète demande à ce dernier de le suivre afin de lui donner le prix du cheval. Le Messager d'Allah progressa plus rapidement que le Bédouin qui, en route, rencontra des hommes qui, ne sachant pas que le Messager d'Allah l'avait acheté, lui proposèrent un prix  pour son cheval. Certains offrirent même un prix supérieur à celui auquel le Prophète avait acheté le cheval. Le Bédouin appela donc le Prophète et lui dit : "Si tu as l'intention d'acheter ce cheval, alors donne m'en un prix, oui alors je le vendrai à quelqu'un d'autre". En entendant l'appel du Bédouin, le Prophète se leva et dit :

"Ne te l'ai-je pas déjà acheté"

Le Bédouin répondit:

"Non, par Allah! Je ne te l'ai pas vendu".

 

Le Prophète rétorqua :

"Si je te l'ai acheté"

Les gens se mirent à entourer le Prophète et le Bédouin continuaient à discuter. Ce dernier dit : "Fais donc venir un témoin qui atteste que je te l'ai vendu". Chaque musulman qui s'approchait disant au Bédouin : "Malheur à toi! Le Messager d'Allah ne dit que la vérité". A ce moment-là arriva Khouzayma qui entendit la discussion entre le Prophète et le Bédouin, ce dernier persistant à réclamer un témoin. Khouzayma dit alors: "Moi je témoigne que tu lui as bien vendu ton cheval". Le Messager d'Allah se tourna alors vers Khouzayma et lui dit :

 

"Sur quelle base témoignes-tu?"

 

"Sur la base de ma foi en toi, Messager d'Allah", répondit-il. Le Messager d'Allah fit alors du témoignage de Khouzayma l'équivalent du témoignage de deux hommes.

Un récit proche de celui-ci est également rapporté par Abou Dawoud et An-Nasâi.

 

Tafsir Sourate la Vache (2) volume II, Ibn Kathir, Page 94-95, éditions Daroussalam.

 

 

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