Pourquoi prêter avec de l'intérêt est interdit en Islam ?

Publié le par Asma Oudina

Pourquoi prêter avec de l'intérêt est interdit en Islam ?

 

Pourquoi prêter avec de l’intérêt est interdit en islam ? Existe-t-il une divergence entre les savants dans ce sujet ? Nous verrons ensemble les sagesses pour lesquelles le prêt à intérêt est interdit.


Définition et explication de l’interdiction du prêt à intérêt
 

Le prêt à intérêt, c’est-à-dire avec un surplus, comme le fait d’emprunter 100 riyals et de rembourser 120 riyals. Le prophète a dit : « Tout prêt qui engendre un avantage relève du Ribâ ».(Al-Albani, Irwa al-Ghalil (5/235) )

Il y a un consensus (ijma’) des savants au sujet de ce jugement (hukm) : tout prêt qui en engendre un avantage (manfa’a), c’est-à-dire pour le prêteur, relève du Ribâ. Si celui-ci dit par exemple : « Je ne te prête pas tant que je ne bénéficie pas d’un avantage ! ». Par exemple :
 

Soit tu me rends plus que je t’ai prêté.

Soit tu me loges chez toi.

Soit tu m’emmènes quelque part avec ta voiture.

Soit tu me rends tel ou tel service.
 

Ainsi, tout avantage corrélé à l’emprunt et que celui qui prête pose comme condition relève du Rîba, qu’il s’agisse de monnaie ou de service, car la finalité de l’emprunt en Islam est la bienfaisance (ihsân). Les savants affirment que le prêt constitue un « contrat de soutien » (aqd irfâq) dont l’objectif est d’obtenir une récompense. Tu prêtes au nécessiteux un montant pour qu’il puisse subvenir à ses besoins, puis il te rembourse ce que tu lui as prêté sans y ajouter quoique ce soit ! Pour avoir assisté ton frère, Allah t’accorde une récompense et tu ne perds pas ton argent. Ainsi, non seulement ton argent est remboursé, mais de plus Allah – Gloire à Lui le Très Haut – t’accorde une récompense. En Islam, le prêteur n’exige pas d’intérêt pour le prêt. Celui qui récolte un intérêt pour un prêt commet un Rîba véritable (Ribâ Sahih) . C’est le cas des établissements financiers ou des banques qui offrent aux entreprises des prêts avec intérêt pour disposer de liquidités ou financer un projet donné. Elles se présentent aux banques ou aux établissements financiers et contractent un prêt avec intérêt selon les clauses du contrat. Ceci constitue un Rîba véritable dont quatre acteurs font l’objet d’une malédiction :

  1. L’emprunteur
  2. Le prêteur
  3. Ceux qui établissent le contrat
  4. Les témoins.

Le prêt à intérêt – une des formes de Ribâ – est largement répandu de nos jours et les gens ne connaissent peut-être que ce type de prêt, car sauf dans de rares cas, ils ne trouvent personne qui leur prête pour la Face d’Allah. Ils contractent alors des prêts avec intérêt, tombent sous la colère d’Allah et Sa malédiction, et participent à des activités économiques dénuées de bénédiction (baraka) d’une façon ou une autre. Allah anéantit ces projets ou ces usines financées par le biais du Ribâ, anéantit leur revenu, les dévaste, et s’ils subsiste, leur revenu se transformera en feu ardent pour leurs auteurs le Jour du Jugement. Il n’est donc pas permis de recourir au prêt à intérêt quitte à renoncer à son activité industrielle ou commerciale en récupérant le capital licite, car ceci ne justifie pas le recours au Ribâ et la déclaration de guerre à Allah et à Son Prophète qui en résulte de façon systématique.

Pages 63 à 65 du livre Riba et ses différentes formes dans l’économie moderne, Cheikh Salih Al Fawzan, Dar Al Muslim

Cas pratique

Le taux effectif global (TEG) est un taux qui a pour objectif de présenter un taux incluant les frais inhérents au prêt. Il inclut outre le taux d’intérêt du prêt, les éléments suivants :

  • Frais de dossier
  • Frais de garantie
  • Assurance obligatoire sur la durée prévisionnelle du prêt (hors période de préfinancement) dont le montant (mensuel) figure dans le tableau ci-dessus. C’est un taux annuel proportionnel, obtenu en multipliant le taux de période par le nombre d’échéances dans une année.

Exemple réel : Mr et Mme X ont contracté un prêt dont le TEG est de 5.56%. Le taux mensuel sera de 0.46% car 0.46% *12 = 5.52% (presque 5.56%).

Exemple réel : Ils ont contracté un prêt de 132 431€ à un taux de 4.5% (hors assurance) sur 300 mois pour l’achat d’un appartement (frais de dossier bancaire inclus).

Leur première mensualité est de 266.06€ (hors intérêt et assurance).

Ils vont payer comme intérêts pour le premier mois : (132 431 *4.5%) / 12 = 496.61€ hors assurance.

Le coût de l’assurance est fixe tous les mois (81.85€).

Leurs frais mensuels pour ce premier mois seront de : 496.61 + 81.85 = 578.46€ sans le capital à rembourser, ce qui est exorbitant !

Au final leur première mensualité sera de 578.06 + 266.06 = 844.12€ Les frais inclus dans le prêt sont 2 fois supérieurs au capital à rembourser au départ. Puis progressivement une fois que la banque à récupéré ses intérêts le remboursement du capital augmente de plus en plus.La banque cherche à récupérer ses intérêts rapidement et cela dès les premières années.

Si le prêt avait été contracté sans intérêts sur la même durée le remboursement du capital aurait été évalué à441€. Si l'on souhaitait rembourser ce prêt sur une période plus courte, 15 ans par exemple, le montant mensuel aurait été de 736€. On voit bien les avantages du prêt sans intérêt : à durée égale avoir une charge d'emprunt divisé par deux ou bien réduire la durée du crédit de 10 ans ce qui n'est pas du tout négligeable.

 

Les bienfaits économiques d’une telle prescription religieuse

Dans le cas d’une économie parfaite où seuls des prêts sans intérêts sont consentis, l’économie mondiale serait assainie et la consommation stimulée. En effet, la pratique usuraire des crédits couplée au manque de confiance que les clients ont vis-à-vis des banques notamment suite à la crise économique a eu un impact négatif sur la consommation. Si les banques stimulaient un endettement sans intérêts, on aurait un boom de la consommation et une économie qui pourrait repartir de plain-pied. Si les banques reprenaient leur rôle unique d’intermédiaire financier, les clients afflueraient, la bénédiction les enrichirait et le PNB exploserait.  Cela éviterait la thésaurisation bancaire et l’argent circulerait plus rapidement, le commerce pourrait être dopé et l’économie serait relancée. Les banques pourraient s’enrichir autrement, via des produits concrets, être actionnaires de certains commerces licites et arrêter de se faire volontairement « de l’argent sur l’argent ». Assurément, la monnaie est uniquement un moyen d’échange et l’utiliser comme sous-jacent à mener notre économie à une dépression dont seul un changement radical qui suit cette prescription divine peut nous amener à la victoire.

Vous voulez vous informer davantage sur l'interdiction de l'usure ? Voici mon article Allah a légiféré le commerce et interdit l'usure.
 Bonne lecture !

 

Asma Oudina,

correction@architectedelafinance.com

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