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Asma Consulting le blog

Allah a légiféré le commerce et interdit l'usure

16 Mars 2014, 19:16pm

Publié par Finance Consulting

Sourate Baqara, verset 275 : « Ceux qui mangent [pratiquent] l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan à bouleversé. Cela parce qu’ils disent = : « le commerce est tout à fait comme l’intérêt ». Alors qu’Allah a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu’il a acquis auparavant ; et son affaire dépend d’Allah. Mais quiconque récidive…alors les voilà, les gens du Feu ! Ils y demeureront éternellement. »

 

Extrait du livre : la différence dans la législation islamique entre le commerce et les transactions usuraires, p. 17 à 21, du Sheikh Saleh Al Fawzan.

 

« Les mécréants estimaient que le commerce et les transactions usuraires étaient similaires et disaient : 

« Le commerce est tout à fait comme l’usure »

C’est-à-dire la majoration que l’on percoit au terme de la transaction usuraire et qui constitue l’intérêt à terme est semblable au prix que l’on fixe au début du contrat de commerce.* C’est une tentative de justification vaine parce qu’il existe d'importantes  différences entre le commerce et les transactions usuraires :

Premièrement : Le commerce a été rendu licite par Allah, tandis qu’il a interdit l’intérêt usuraire. Il incombe aux créatures d’accepter cela sans contester.

Deuxièmement : Le négoce qui consiste en vente et achat peut aboutir aussi bien au bénéfice qu’à la perte, ce qui requiert une expérience et un effort personnels. En revanche, l’intérêt usuraire rapport un bénéfice précis et assuré dans tous les cas ; on n’y fournit pas d’efforts et on n’y fait pas usage de l’expérience. C’est la porte ouverte à l’inactivité, à la faiblesse et à la paresse.

Troisièmement : Le commerce comporte une compensation et un avantage pour les deux parties ; tandis que dans l’intérêt usuraire, c’est l’une des deux parties seulement qui est avantagée. L’auteur de Tafsirul Manar** a écrit : « Et la plupart des exégètes du Qu’ran ont considéré cette réponse, c’est-à-dire : « Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt »*** comme une invalidation du raisonnement par analogie dans un texte [révélé]. C’est-à-dire qu’Allah dit aux mécréants : vous pratiquez l’analogie dans la religion or Allah ne permet pas cette analogie. Toutefois le Qur’an confronte habituellement les arguments des diverses parties, et à l’époque de la Révélation, les gens comprenaient la signification de l’argument contenu dans la réplique qu’apporte le Qur’an à cette opinion. En effet, ils n’avaient pas la terminologie axiomatique du fiqh pour leur servir de base de compréhension et d’interprétation des versets. Le vrai sens du verset est donc celui-ci : cette allégation qui pose l’égalité entre l’usure et le commerce au niveau de l’avantage qu’en retirent les parties n’est vraie que si l’on admet que les hommes doivent se comporter comme des loups lors des transactions. Chacun attendant l’occasion où il pourra dévorer l’autre.

Or nous sommes en présence d’un Seigneur Miséricordieux qui légifère avec sagesse pour Ses serviteurs, édicte des lois qui leur enseignent la compassion et la sympathie mutuelles, afin que chacun d’eux soit un soutien pour son prochain, surtout en cas de besoin. C’est pour cette raison qu’il leur a interdit l’intérêt usuraire qui consiste à exploiter la détresse de leurs frères, et a permis le commerce où l’on peut tirer profit, sans que cela tourne à l’exploitation du pauvre par le riche. C’est là un premier aspect de la différence entre l’intérêt usuraire et le commerce qui nous explique la fausseté de l’analogie.

Il y a un autre aspect de la question qui consiste à dire qu'Allah – l’Exalté – a institué la transaction licite entre les hommes comme moyen de subsistance, afin que le profit naisse de l’échange et du travail, et ne soit pas un privilège obtenu sans effort aux dépens d’autrui. De ce fait, Allah a rendu le commerce licite parce qu’il établit un système de contrepartie et compensation, et il a interdit l’intérêt usuraire parce que c’est un gain obtenu sans contrepartie.

On voit bien que l’analogie des mécréants est fausse car le commerce comporte des avantages mutuels qui le rendent licites, tandis que l’intérêt usuraire comporte des préjudices qui rendent nécessaires son interdiction. Effectivement, on remarque dans le cadre du commerce que l’acheteur jouit toujours de la marchandise qu’il a acquise d’une manière concrète : celui qui achète du blé par exemple, ne l’achète que pour le consommer, pour le semer ou pour le revendre et dans tous ces cas de figure il en tire un avantage. Dans le cas de l’intérêt usuraire, - qui consiste à prêter de l’argent et à récupérer plus tard une somme plus importante -, ce qu’on perçoit en plus du capital est un ajout qui n’a pas de contrepartie en nature ou en terme de travail fourni.

 

Il y a un autre aspect encore à étudier au sujet de l’interdiction de l’intérêt usuraire, c’est-à-dire que la monnaie n’a été créée que pour servir d’étalon de référence dans l’évaluation des biens utiles aux hommes. Si cette fonction change et que la monnaie devient un objet d’exploitation, on aboutit à une spoliation de ceux qui vivent de l’exploitation de l’argent par l’argent. Ils accroissent leur fortune et la thésaurisent dans les coffres et les banques alors que les travailleurs voient le salaire de leur labeur diminuer, étant donné que le capital concentre la majeure partie du bénéfice, au détriment du travail. Ainsi les pauvres sont anéantis. »

 

Il y a une bonne comparaison entre les avantages du commerce et les méfaits de l’usure. Cependant, nous ne sommes pas d’accord avec l’auteur quand il répond aux mécréants sur le premier aspect de la question, et dit que leur parole : « Le commerce est tout à fait comme l’intérêt usuraire » est un exemple de recours à l’analogie pour opposer le texte révélé et que cela est nul et rejeté. Parce qu’il s’agit d’une règle incontestable, et le verset en apporte une justification évidente ; cela n’empêche pas qu’il y ait des différences qui empêchent cette analogie, parmi lesquelles celle qu’il a citées dans cette comparaison. Et Allah sait mieux.  Allah – Qu’Il soit glorifié et exalté – a rendu licites le commerce et le négoce et a interdit l’usure. Le client achète ce qui lui est utile, qu’il s’agisse d’une nourriture, d’une boisson, d’un logement, d’une monture, etc. Le commerçant quant à lui vend ce qu’il veut vendre pour réaliser un profit. Quand à celui qui prélève l’intérêt usuraire, son but est de tirer profit d’un prêt d’argent à plus ou moins long terme. Il réclame de l’autre partie plus qu’elle n’a reçu de lui sans contrepartie aucune : il n’a pas acheté et n’a pas vendu.

 

*Tafsir Al Quturbi, 3/356

**(3/108, 109).

différence entre le commerce et les transactions usuraires

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